J’ai accouché en plateau technique

L’année dernière, j’ai eu la chance de pouvoir accoucher en plateau technique à la clinique Rive gauche de Toulouse (31). Mais qu’est-ce que le plateau technique ? La question que l’on m’a posé X fois… Au final, très peu de personne connaissent ce genre de structure et c’est vraiment dommage car beaucoup de mamans auraient été intéressées par cette alternative.

Qu’est-ce que le plateau technique :

Pour un accouchement, le plateau technique est une salle dans un structure médicalisée (hôpitaux ou cliniques) louée par des sages femmes libérales. Celles-ci disposent d’équipements spécialisés pour les accouchements.

Pourquoi ce choix ?

Après la naissance d’Eva, je me suis dit, « pourquoi ne pas accoucher à la maison » mais le papa y était opposé. En effet, ce choix se fait à 2 et je ne voulais pas forcer le papa. 

Pour mon 3ème (papa différent du 2ème), il était mitigé… il n’avait jamais participé à un accouchement. Je sentais une petite appréhension. J’ai appris que sur Toulouse, depuis peu, il y avait un plateau technique. Je pourrais accoucher à la clinique comme à la maison. Nous nous étions entendus sur cet accord qui me semblait le plus proche de nos attentes communes. 

Comment se déroule la prise de contact ?

J’ai pris rendez-vous avec les sages-femmes du plateau technique. Dès les premiers contacts on sent leur bienveillance. Ce sont des femmes passionnées. Elles sont très à l’écoute, douces et disponibles. Elles prennent vraiment le temps de nous connaitre et de passer nous voir chez nous. 

Je n’ai pas eu besoin de faire un projet de naissance comme dans un secteur plus conventionnel. Nous leur avons expliqué oralement ce que nous attendions. 

Nos attentes étaient très simples: Accoucher naturellement et que notre petit garçon naisse dans le calme et le respect.

Je ne souhaitais pas être hospitalisée non plus. Le fait de rentrer chez soi après l’accouchement (dans le cas où tout se déroule bien) était un aspect positif pour nous. Bien sur, vous pouvez choisir de rester. D’ailleurs nous avions réservé une chambre (l’inscription à la maternité est une obligation ainsi que la réservation du « séjour »).

Le suivi post-partum se fait à la maison. Sms, appels, elles se rendent toujours disponibles pour répondre à nos questions, nos besoins ou nos inquiétudes.

Elles donnent aussi les cours de préparation à l’accouchement.

Le jour J:

Lors des cours de préparation à l’accouchement, les sages-femmes vous expliquent quand les appeler. C’est vrai qu’il est difficile de savoir quel est le bon moment. J’avais peur de les faire venir pour rien. Mais au final, nous avons eu un timing parfait. 

J’ai attendu de ne plus pouvoir marcher pendant les contractions. La sage femme qui était d’astreinte, « L », est venue dans les 30 minutes qui ont suivi.

J’ai fait une bonne partie du travail à la maison avec François et L. notre sage femme (nos 5 enfants étaient aussi présents dans la maison).

Nous nous sommes rendus au plateau technique où j’ai pu accoucher.  Au final, j’étais contente de ne pas accoucher à la maison car j’ai tellement hurlé que j’aurai pu traumatiser nos enfants…

Owen est né dans l’eau, dans le calme et la douceur d’une lumière tamisée. #likeadream

BONUS : RECIT DE MON ACCOUCHEMENT

Attention certains passages peuvent heurter votre sensibilité ou vous couper l’envie d’avoir des enfants à tout jamais !

Le travail a commencé dans la piscine de ma grand-mère tranquillement. Lorsque je ne pouvais plus marcher nous avons décidé de partir à la maison. Nous avions abandonné lâchement nos 5 enfants dans la piscine.

Dans la voiture, j’appelle la sage femme, je lui explique où j’en suis et que ça travaille tranquillement.

Une fois chez nous, en l’attendant, je me glisse dans la baignoire. L’eau chaude me détend tellement, je me mets dans ma bulle. Les contractions se rapprochent et s’intensifient. François appelle alors ma Sage femme « L. » pour qu’elle vienne. On est dimanche, il est 17h30, ça roule bien sur le périph toulousain.

L. arrive chez nous, elle était déjà venue auparavant avec toute l’équipe et connaissait le chemin ainsi que notre maison. L. contrôle le coeur du bébé avec le monitoring ainsi que mon col. Je suis à ce moment là dans notre lit. Il est temps de partir pour la maternité. Je commence à souffrir. Entre temps, nos enfants sont rentrés, telle une fanfare, et nous parlent. J’ai vraiment du mal à les entendre, on sent leur surexcitation. 

Sur le trajet, notre voiture et celle de L. se suivent direction la maternité. Je ne suis pas restée longtemps assise. Je suis obligée de me mettre sur les genoux pour me soulager des contractions.

Arrivée dans la salle du plateau technique, j’essaie plein de positions sur les équipements prévus pour. François me masse (il a suivi les cours de préparation à l’accouchement avec moi) et L. me fait couler un bain.

Je rentre enfin dans l’eau. C’est vraiment l’endroit où je me sens le mieux. François et L. sont autour de moi et m’aide à accompagner mes contractions pour le début de la descente d’Owen. Petite astuce ! Le « Om » indien pendant les contractions, est une méthode incroyable ! Il vous aide vraiment à accompagner les contractions et du coup, le travail s’effectue plus rapidement. L. m’aide aussi à visualiser l’arrivée de mon bébé.

Je suis presque au dernier stade de mon accouchement : Le passage d’Owen dans le bassin. 

Les douleurs sont atroces. J’oublie les jolis « Om » indiens… et c’est là que j’ai pété les oreilles de François. Je me mets sur les genoux, accoudée face à François qui me tient les mains pendant que  L. me masse le dos. Ne visualisez pas cette scène s’il vous plait …

Vu l’intensité de la douleur, je me dis qu’Owen ne passera jamais. Je vais surement me déchirer en deux… et le premier qui me traite de marseillaise n’aura pas raison… je vous jure que c’est vraiment l’impression que j’ai eu.

Je sens que notre bébé est presque là. Ce qui ne m’empêche pas de demander 15 fois à L., « il est bientôt là ? », vous savez, comme les gamins dans la voiture pendant le grand départ en vacances.

Je répète 100 fois à François « ça fait super mal quand même » d’un ton un peu désabusé mais dans ma tête je me dis « je vais mourir ». Oui, même quand j’accouche je fais genre « même pas mal » !

Je sens qu’Owen arrive, il faut que je me relâche et que je le laisse sortir.

Sur cette contraction j’hurle de toute mes forces (pauvre François qui se dit: « sur la liste d’accouchement on devrait noter: « boule-quies » »). Je sens la brûlure, cette brulure dont on m’avait temps parlé. Je me sens écartelée, la SF me dit que la tête est dehors, enfin dans l’eau et que je peux la toucher. Mais mes bras tremblent tellement que si je lâche un bras je mange le rebord de la baignoire et que je risque de ressembler à mon fils (NB: il a cassé ses 2 incisives en tombant, elles sont restées à grand Anse à La Réunion, si vous les voyez… )… Bref … je ne toucherais pas sa tête.

François est devant moi mais il ne voit rien, ce qui l’arrange 😉 (et monsieur dit qu’il a fait médecine, rires)

La dernière contraction arrive, je l’accompagne. Je reste accoudée sur la baignoire et j’entends la sage femme et François qui me disent. « Il est là. Tu peux l’attraper ». Je regarde entre mes jambes et je vois Owen dans l’eau immergé. Il était trop beau, il se passe quelques secondes avant que je réalise qu’il était complètement hors de moi. Je le saisis sous les bras, le sors de l’eau doucement et le sers contre moi. Je ne reste pas dans le bain car l’eau du bain est devenu rouge (#filmgore).

François et L. m’aident à sortir de la baignoire. Je m’allonge sur le lit, mon bébé est contre moi. Il est si doux et il a des cheveux bien coiffés avec la raie au milieu s’il vous plait, on attend que le cordon cesse de battre. 

C’était vraiment un moment magique. François me demande « alors on l’appelle comment? » J’ai répondu « Owen » comme une évidence. Nous ne nous étions pas vraiment arrêtés sur un prénom, mais Owen ça lui allait bien, c’est un prénom si doux comme lui, et comme sa venue parmi nous.

Je suis fière et heureuse d’avoir accoucher de manière naturelle et pourtant j’ai tellement souffert…  si c’était à refaire je le referais. A aucun moment, j’ai demandé la péri (#soproud), en même temps j’étais préparée à un tel accouchement, c’était mon projet, la péri aurait été un échec pour moi. Par contre je me suis demandée 15 fois pourquoi j’ai fait un gosse mdr.

Peu avant la délivrance, j’ai vraiment sentie que j’étais la seule maitresse de la situation. Quand j ai décidé de me relâcher Owen est sorti. Je n’ai jamais eu besoin de pousser. Owen est sorti en 2 contractions sans me provoquer de déchirure. 

Il est né à 22h20, Dimanche 1er juillet 2018. On est rentré le lendemain matin à 9h, ses 5 frères et soeurs l’attendaient impatiemment à la maison.

Alors François, un petit 7 ème ?

6 commentaires sur “J’ai accouché en plateau technique

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